Robbie Quinn - The Irish Swine

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Robbie Quinn - The Irish Swine

Message par SJBJ le Jeu 8 Aoû 2013 - 17:24

CHAPITRE I
18 Avril 2003

Le soleil était à son zénith, la chaleur assommante, et l'air rempli de poussière était irrespirable. Robert Quinn gardait son arme tout contre lui, étouffant sous le poids de son équipement et vacillant au gré des à-coups qui ballottaient le Humvee. Ce dernier, malgré des conditions déplorables, filait avec le reste de la division sur ce qui était autrefois des routes mais qui n'était désormais plus que des ruines de champs de bataille. Robbie était terrifié et priait pour que le véhicule n'ait pas le malheur de passer sur une mine, toutefois il resta de marbre, sa fierté lui interdisant de laisser transparaître ses émotions.

Américain aux origines irlandaises, Robbie jouissait d'un caractère bien trempé. Impulsif, égocentrique, plutôt instable et même parfois violent, il s'était rapidement rendu compte que l'éducation secondaire n'était pas pour lui. Patriote aussi bien envers son pays d'origine, l'Irlande, qu'envers les Etats Unis qui avaient accueillit sa famille durant la grande famine de 1846, Robbie s'était enrôlé dans l'US Army dès qu'il eut obtenu son High School Diploma. Lorsque les Etats Unis étaient entrés en guerre contre l'Irak un mois plus tôt, il avait immédiatement été affecté à la troisième division d'infanterie de l'US Army.

Le convoi approchait Tikrit et la tension n'en était que plus palpable, tous étaient conscients que même si la zone avait été dégagée quelques jours auparavant, le risque de guet-apens était toujours très élevé. C'est ainsi que le convoi des six Humvee de la brigade Sledgehammer de la troisième division d'infanterie de l'US Army pénétra dans Tikrit, les soldats épiant les environs à l’affût de la moindre échauffourée.

Il n'en fut rien, la traversée de la ville jusqu'au point de rassemblement se déroula sans encombres malgré une tension à son piédestal. Ce ne fut qu'au moment de rejoindre les brigade Raiders de la troisième division d'infanterie que Robbie et le reste de la brigade Sledgehammer purent évacuer une partie de la pression accumulée. Ce moment de répit ne fut que de courte durée, rester en territoire hostile était dangereux, déjà le Sergent Première Classe Peterson, chef des opérations sur le terrain, coordonnait la suite des opération en contact radio avec le Colonel Cummings, commandant de la brigade Sledgehammer.

Une vingtaine de minutes plus tard, les hommes de la Sledgehammer patrouillaient dans Tikrit, une dernière ronde avant de rejoindre leur base. La ville était presque déserte et donnait une impression de "ville-fantôme", la plupart des habitants l'ayant abandonnée avant les affrontements. Robbie, tout comme ses compagnons d'armes, était aux aguets, la solitude des lieux n'impliquait en aucun cas une menace nulle. Lorsqu'enfin ils aperçurent un groupe d'une petite dizaine d'individus au détour d'un carrefour, tous les hommes de la brigade réagirent avec beaucoup de sang-froid, identifiant visuellement les cibles et jaugeant de leur éventuelle menace pour le groupe.

Lentement et méticuleusement, les soldats américains s'avancèrent en direction des individus, les sommant de rester calme. Ceux-ci s'avérèrent non seulement être des civils ne représentant pas une menace sérieuse, mais également des individus qui de toute évidence n'appréciaient guère l'invasion de l'Irak par les soldats américains, et ce n'était là encore qu'un euphémisme. Débitant un flot de charabia discontinu en gesticulant, ils firent face aux soldats, le regard hargneux.

— S'ils ferment pas leur gueule j'vais m'en charger ! s'exclama un soldat américain.

— Négatif, on reste concentrés et on s'remet en route ! Le premier qui joue au con aura affaire à moi ! lui rétorqua le Sergent Première Classe Peterson.

Tandis que ses compagnons reprenaient leur chemin, Robbie fulminait. "On met de l'ordre dans leur pays de merde et c'est comme ça qu'on est remerciés," pensa-t-il. Le visage fermé, il obtempéra pourtant et suivit les autres soldats, non sans avoir jeter un dernier regard empli de dégoût aux civils. Il était juste parvenu à les chasser de ses pensées au prix d'un grand effort de volonté lorsqu'une pluie de gravillons s’abattit sur lui. Il fit volte-face, sa tempe frontale palpitant dangereusement, et vit qu'un des civils les avait suivi et était la cause des projectiles qu'il avait reçu. Robbie vit rouge. Posant son arme au sol, il s'élança en direction de l'insurgé, un jeune homme ayant à peine dépassé la vingtaine.

— Quinn ! Ramène ton cul ici de suite ! s'écria Peterson, une note d'inquiétude dans la voix.

Trop tard, Robbie avait déjà atteint sa cible, trop abasourdie par la réaction du soldat pour tenter de fuir. En quelques secondes, l'insurgé fut mit à terre, roués de coups par Robbie qui ne semblait pas daigner s'arrêter, tandis que les autres soldats accourraient pour séparer ce dernier de sa victime. Ce fut au tour de Robbie d'être mis à terre, maintenant par trois de ses compagnons, alors que Peterson remettait l'insurgé d'aplomb avec l'aide du médecin. Si tôt le civil reparti avec quelques ecchymoses, Peterson se tourna vers Robbie et le toisa de haut.

— Soldat Quinn, vous êtes dès à présent démis de vos fonctions jusqu'à votre procès. Vous n'aurez plus besoin de ceci, ajouta Peterson, ramassant l'arme de Robbie.

Robbie se releva, tête haute, et rendit son regard dédaigneux à Peterson, le défiant du regard. Il aurait préféré mourir que de l'admettre, mais jamais il ne s'était senti aussi honteux. Le retour au camp se fit dans un silence pesant, Robbie escorté de deux de ses anciens compagnons, tous menés par le Sergent Première Classe Peterson qui fit son rapport au Colonel Cummings dès qu'ils furent arrivés. Le soir même, Robert Quinn fit ses bagages, il serait rapatrié aux Etats Unis dès le lendemain.



7 Juillet 2003

Le juge militaire Helen Whittaker se leva devant l'assistance puis darda son regard dans celui de l'accusé.

— Après délibération, le jury a rendu son verdict. L'accusé, Monsieur Robert James Quinn ici présent, a émis le souhait de plaider coupable pour les charges retenues contre lui, à savoir l'agression et la violence volontaire sur un civil lors d'une mission sur le territoire irakien. Monsieur Quinn, plaidez-vous coupable pour les charges citées précédemment ?

Robbie se leva, échangeant un regard avec son avocat avant de se tourner vers le juge.

— Oui votre honneur.

— Vous êtes donc reconnu coupable par cette cour martiale et serez donc condamné par un renvoi à la vie civile pour mauvaise conduite, et par la privation de toute pension ou autre privilège d'un ancien soldat.

Le marteau fendit l'air et claqua d'un coup sec, la sanction avait été prononcée. Robbie se rassit lentement, l'air ailleurs. Il savait pertinemment qu'il n'aurait eu que très peu de chances d'éviter le renvoi à la vie civile, mais en plaidant coupable il avait espéré être condamné au confinement, même pour un an, tout sauf le renvoi définitif à la vie civile. Il resta à fixer le vague pendant quelques secondes, puis se redressa, il devait se ressaisir, il n'aurait jamais accepté que ses détracteurs victorieux aient le plaisir de le voir la mine défaite. Robbie sortit du tribunal la tête haute, et malgré son malheur, il ne laisserait jamais quiconque s'en apercevoir.






CHAPITRE II
24 Novembre 2005

Robbie avait bu. Trop. Même pour un habitué des pubs et bars, et même si cet habitué avait des origines irlandaises. Accoudé, ou plutôt affalé sur la table de billard, il peinait à se concentrer sur la partie, le regard étrangement vitreux. Ses derniers coups avaient été lamentables, et lorsqu'il se présenta à nouveau devant la table, les commentaires jasèrent.

— Alors Robbie, tu sais pas t'y prendre avec ta queue ?

Robbie se retourna, faisant face à celui qui l'avait interpellé, sa queue de billard posée contre son épaule.

— Elle va finir dans ta gueule si tu continues d'm'emmerder Charlie !

— Ouais, et si tu jouais au lieu d'faire le beau ? répliqua le dénommé Charlie avec un sourire moqueur.

Robbie lui fit un geste de la main et reporta son attention sur la table de billard. Son coup se transforma une nouvelle fois en échec cuisant et les rires reprirent de plus belle. La soirée se poursuivit ainsi, dans une ambiance bruyante mais chaleureuse, au rythme des bières vides qui s'entassaient sur le comptoir. Roy, le gérant du bar, s'était joint aux habitués, le faible afflux de nouveaux clients passé minuit lui permettant de prendre quelques minutes de répit, et tous discutaient avec animation, à moitié ivres pour la plupart. 

Deux heures plus tard, les habitués étaient retournés jouer au billard dans le fond du bar et Roy vaquait de nouveau à ses occupations, servant les quelques nouveaux arrivant qui avaient trouvés refuge dans son bar. De grands éclats de rires de voix s'élevaient fréquemment d'où les habitués s'étaient installés et jouaient, la plupart tenant à peine sur leurs jambes. Soirée typiquement irlandaise, ce qui arrivait communément dans ce bar, Roy étant comme la plupart de ses clients d'origine irlandaise. Alors que tout se déroulait comme d'habitude, une voix tonitruante s'éleva au milieu du brouhaha.

— Vous allez fermer vos gueules ouais ? On s'entend même plus, merde !

Un silence de plomb s’abattit sur le bar, l'atmosphère était devenue glaciale. Les habitués, abasourdis, s'étaient retournés pour observer le perturbateur. De forte carrure, ce dernier se tenait debout les mains sur les hanches et fixait les habitués avec un regard empli d'hostilité. Robbie fut le plus prompt à réagir. Dardant son regard dans celui du perturbateur, il s'avança vers celui-ci.

— T'es qui toi pour croire que tu peux faire la loi ici ?

Les trois autres molosses qui accompagnaient le perturbateur commencèrent à se lever, et Roy jugea bon d'intervenir avant que la situation ne dégénère.

— Robbie fait pas l'con, retourne avec les autres, dit Roy. Quant à vous les gars, poursuivit-il, si vous n'aimez pas le bruit où l'ambiance qu'il y a, vous dégagez le plancher.

Le fauteur de trouble ne l'entendit pas de cette oreille.

— Toi on t'as pas sonné, tu ferme ta gueule et tu surveilles ces merdeux, sinon ils v---

Oubliant la carrure du perturbateur, ne tenant pas compte des trois gars qui l'accompagnaient, Robbie s'était élancé et lui avait collé une droite qui envoya le fauteur de troubles à terre. Très vite, tout devint chaotique. Les trois hommes accompagnant l'homme ayant semé la discorde vinrent à son secours et entrèrent dans la bagarre, alors qu'au même moment les habitués du bar se précipitèrent pour aider Robbie. La confusion devint totale, les coups pleuvaient dans tous les sens, du verre se brisait aux quatre coins de la salle, les autres clients fuyaient désespérément le bar, pendant que son propriétaire était en ligne avec la police, priant pour que son bar ne soit pas massacré.

Ce ne fut que lorsque la police arriva que le chaos retomba, chaque participant ayant été séparé des autres par les officiers présents suite à l'appel du propriétaire des lieux. Au final, ce fut du grabuge pour pas grand chose, des estafilades et coupures, quelques commotions et côtés fêlées, un bras cassé et quelques dégâts matériaux, presque tous s'en tirèrent sans encombres. Malheureusement pour Robbie, les autorités ne furent pas aussi clémentes avec lui. Il avait été celui qui avait porté le premier coup et les côtes fêlées ainsi que le bras cassé du principal perturbateur étaient son oeuvre. Ses antécédents n'arrangèrent rien, le fait d'avoir été renvoyé à la vie civile pour mauvais comportement en Irak ne firent qu'aggraver la situation de Robbie.

Il fut finalement condamné à six mois de prison ferme, plus trois mois avec sursis. Ce n'est qu'en pénétrant dans la cellule où il allait passer le plus clair de son temps que Robbie réalisa que les six mois suivants allaient passer très lentement. Surtout sans une goûte d'alcool.

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Re: Robbie Quinn - The Irish Swine

Message par Blaznight le Mar 13 Aoû 2013 - 18:41


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Re: Robbie Quinn - The Irish Swine

Message par REALMADRIDISTA le Ven 23 Aoû 2013 - 14:39

Sympa.

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Re: Robbie Quinn - The Irish Swine

Message par Neo1818 le Sam 24 Aoû 2013 - 18:02

J'aime bien ton style d'écriture, l'histoire est agréable a suivre, j'ai même envie de connaître la suite Smile

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Re: Robbie Quinn - The Irish Swine

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